Zazen Zbeul

Sur ma carte d’identité : Floriant Salati
Né le 15-05-92 à Annecy
Sexe masculin
J’ai grandi en Savoie
Cerné par les montagnes
Muses muselées
Des gorges comme des géôles où la carotide tape sur les cordes vocales
Comme des matraques de matons pour les rendre muettes
Parloirs qui parlent d’eux-mêmes
Litanies limitées dans les cours intérieurs trop courtes qui tournent en cercle
La boule au ventre avant de monter les escaliers pour aller en cours
Boucle la boucle la
Essaie ou excès de Zen l’esprit s’éparpille
Des tumultes picturaux et sonores qui cognent contre le fracas de la boîte crânienne
L’annonce de ma maladie à dix-huit ans
Zazen Zbeul !

Inventera-t-on un jour des technologies pour extraire des bribes d’informations lors de décès
De candidats à la mort volontaire comme l’on tirerait les derniers relents de pilotage
Ivre des boîtes noires d’engin volatile
Qui se crachent dans le dur ou l’aqueux ?
Froidement une part de moi-même me disait : Je sentais bien qu’il y avait
Quelque chose
Une autre part de moi-même me disait : Tu vas bien en chier .
Zazen Zbeul sombrer dans l’oubli l’anonymat perdu dans les océans de mystère
Zazen Zbeul cri à la mort calme et furieuse
Stagne dans l’agonie de l’inconnu
Nique ta mort calme et furieux
Zazen Zbeul

Tout est compréhensible
Une prise sur quoi
Escalader des parois lisses et vertigineuses
Ou descendre en rappel
Les escaliers du métro le manque de piqûre d’aide une aide que l’on cherche
Tant que je peux me disais-je
Sans la trouver vraiment
L’insatiable recherche
Desséché à court d’encrage le tumulte
Le tumulte le vrai, pas de ces broutilles futiles ou piteuses
Tracasseries qui traversent l’humeur
Non le tourment véritable
J’ai fini par me résoudre à prendre les ascenceurs
J’avais le droit ce n’était pas grave
Zazen Zbeul

L’inaction comme une mort lente que l’on subit
Rester en mouvement
Où sont les accalmies dans les clameurs cérébrales ?
Tout ce que je voyais dans les médias les films les séries
La littérature l’histoire etc.
Invisible
Jamais normal, hors norme. La peur la haine
Les films les séries la littérature l’histoire etc.…
Les handicaps comme quelque chose
De misérable ou d’héroïque
A la bonne heure
Zazen Zbeul

Où sont les accalmies qui lacèrent mastiquent et ébranlent ?
Que faire ?
Le bonheur n’est pas une fatalité en soi
A la bonne heure
Mais à quel moment la tranquillité se donne la peine de venir rendre visite ?
Chapitre après chapitre
Chaparder des particules de chaleur brèves pour tenir
Pouvoir supporter la dépression le suicide la haine et le meurtre
Long chemin remplit de marches
Long chemin remplit de marches immenses
Pour ne pas dégringoler dans le massacre pur
Tout faire sauter ou alors sauter
Zazen Zbeul

La chute libre
Voyages visions transports
Vers des espaces ankylosés dans l’immobilité du corps
Sage rage que l’on couve qui couve
Temporiser pour quoi ? Pour rien ?
Tremper les pores de la peau dans le réel
La peau dans le réel ou ce que l’on pense en connaître ou savoir
La douleur est une relation avec des passages relatifs
Mais l’affiliation demeure affliction qui s’agrippe
Comme un grappin
Zazen Zbeul

Je l’aime ma meute
Je l’aime à en mourir
A en vivre même !
Nique ta vie nique ta mort

Comme si le tourment tentait sans arrêt de monter à l’assaut
De la forteresse du fort intérieur
Non pas pour élire domicile mais pour domestiquer les puzzles incohérents
De conscience et scier les vestiges rationnels
Pour en faire un bûcher magistral
Assiégé le démon cherche demeure
Je me demande comment est-ce-qu’il pourra s’occuper quand il ne restera rien ?
Peut-être s’ennuiera-t-il à en mourir ? Qu’il meurt
A son tour
Prisonnier lui-même de sa voracité
Vacante et insatiable
Je suis Flo Bleu simplement et dans tout
Prisonnier de lui-même
Et qu’il implose telle une supernova
Caractérisée par le nul dans toute sa puissance
Dans toute sa suprématie
Ce serait la plus sublime des nouvelles
A ce compte là que rien ni personne ne s’en sorte
Et la suite
Et la suite
Je suis Flo Bleu
Dans tout ce que je suis
Et la suite
La fuite sera rattrapée par le feu

Flo Bleu aka Nox Malone

Texte relu et remanié par Clément Gracian